Retraité du Cher condamné à 830 000 € pour fraude à la carte grise
Un retraité du Cher doit payer 830 000 euros après une fraude à la carte grise
Un garagiste retraité de Jouet-sur-l’Aubois, dans le Cher, se retrouve accusé de devoir verser une somme astronomique à l’État : 830 000 euros. La cause : une fraude à la carte grise qui aurait été réalisée en utilisant son agrément de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS).
Ce professionnel, âgé de 64 ans, a fermé son garage en septembre 2024. Depuis, il découvre que ses accès ont été détournés pour éditer des centaines de certificats d’immatriculation à son insu. Cette situation menace toute une partie de sa vie, ses économies et son avenir administratif.
Une explosion de certificats d’immatriculation en novembre
Durant sa carrière, il traitait en moyenne une dizaine de demandes de cartes grises par mois. Mais en novembre 2025, il a été surpris de voir que 360 certificats ont été émis sous son agrément. L’Agence nationale des titres sécurisés a rapidement réagi en lui adressant une facture colossale. Il affirme ne pas vouloir payer cette somme, qu’il considère comme injustifiée.
Ce retraité explique que son agrément était obsolète depuis sa retraite, et qu’il ne comprend pas comment ses codes ont pu être saisis après sa cessation d’activité. En octobre 2025, il a reçu deux appels d’un prétendu agent de la préfecture, qui se sont avérés être des escrocs. La préfecture du Cher indique que la fermeture de son garage n’a pas été correctement finalisée, laissant une porte ouverte aux fraudeurs. Malgré une plainte déposée et une enquête en cours, il se voit réclamer cette somme astronomique.
Une situation inextricable pour un retraité
Le montant demandé est difficile à supporter pour ce sexagénaire, qui vit avec une pension de retraite. Il affirme qu’il ne pourrait pas payer une telle somme. La police indique qu’il devrait, en principe, avancer l’argent avant d’être remboursé si l’enquête le prouve innocent. Cependant, cette perspective l’angoisse : comment réunir plusieurs centaines de milliers d’euros ?
Il souligne que, comme beaucoup d’autres petits artisans, il ne dispose pas d’un tel capital. « Ce serait 10 000 ou 15 000 euros, on paierait comme on peut. Là, c’est toute une vie qu’on fout en l’air ! » confie-t-il.
Une vague de fraudes qui concerne plusieurs professionnels
Ce cas n’est pas isolé. Selon les autorités, d’autres garagistes en France ont été victimes du même type de fraude à l’ANTS, parfois pour des montants importants. Certains garages ont vu plusieurs centaines, voire plus d’un millier, de cartes grises frauduleuses émises à leur nom. Ces escroqueries ont déjà généré des dettes qui se chiffrent en millions d’euros.
Les forces de l’ordre décrivent ce phénomène comme une véritable masse de fraudes organisées. Sur le terrain, cela laisse de nombreux petits artisans dans l’attente de résultats d’enquêtes longues et complexes, tout en risquant de tout perdre.
