Hybride rechargeable : l’essence peut-elle vieillir et abîmer votre moteur ?
Hybride rechargeable : l’essence peut-elle vieillir lorsque l’on roule presque toujours en électrique ?
Rouler principalement en mode électrique avec une hybride rechargeable peut avoir des conséquences sur le moteur à essence. En effet, lorsque le moteur thermique est peu ou pas utilisé, l’essence stockée dans le réservoir peut se dégrader avec le temps, ce qui peut entraîner des problèmes mécaniques.
Un carburant qui n’est pas inaltérable
Il est souvent oublié, mais l’essence n’est pas un liquide inerte. Dès le remplissage, des mécanismes de dégradation se mettent en route. Les composants les plus volatils, nécessaires pour démarrer le moteur à froid, s’évaporent peu à peu. Même dans un réservoir fermé, ces composés peuvent s’évaporer via les circuits d’aération. L’air résiduel favorise l’oxydation des hydrocarbures, formant des gommes et des vernis qui peuvent encrasser injecteurs et soupapes à long terme.
De plus, certains carburants comme le SP95-E10 contiennent de l’éthanol, un alcool hygroscopique. Cela signifie qu’il capte l’humidité de l’air. Au fil du temps, cette eau peut se séparer du mélange et s’accumuler au fond du réservoir. Un réservoir peu rempli aggrave la situation, car il favorise la condensation due aux variations de température. En général, une essence perd de sa qualité après 3 à 6 mois, et devient problématique après 9 à 12 mois sans renouvellement. Cependant, cela dépend de la quantité de carburant dans le réservoir et des conditions de stockage.
Des solutions techniques, mais pas infaillibles
Pour limiter ces risques, certains véhicules hybrides rechargeables disposent de dispositifs électroniques. Par exemple, le calculateur peut déclencher périodiquement le moteur thermique, même en mode électrique, pour faire circuler le carburant et brûler une partie. Certains modèles alertent aussi si l’essence reste inutilisée trop longtemps. Par ailleurs, les réservoirs de ces voitures sont souvent plus petits que ceux des versions thermiques, réduisant la quantité de carburant susceptible de s’encrasser.
Cependant, ces mesures ne sont pas parfaites. Des témoignages d’utilisateurs roulant majoritairement en électrique signalent parfois des démarrages difficiles du moteur thermique ou des à-coups lors de sa remise en marche. Après de longues périodes sans utilisation, l’encrassement progressif peut aussi se faire sentir. Bien que cela ne soit pas alarmant, cela invite à la vigilance plutôt qu’à la confiance totale dans les systèmes électroniques.
Les bonnes pratiques à adopter
La meilleure solution reste encore de ne pas laisser le moteur thermique inutilisé trop longtemps. Les experts recommandent de faire fonctionner le moteur à essence au moins une fois par mois, en roulant sur route ou autoroute. Cela permet de renouveler une partie du carburant, de faire circuler les fluides et d’éviter que l’essence ne stagne trop longtemps dans le réservoir.
