Honda s’oppose à l’interdiction totale des moteurs thermiques en Europe

Honda s’oppose à l’interdiction totale des moteurs thermiques en Europe

Honda distingue la neutralité carbone du tout électrique

Alors que l’Union européenne vise à interdire la vente de voitures neuves à moteurs thermiques d’ici 2035, Honda Europe exprime ses réserves face à cette approche trop centrée sur l’électrification totale. Le constructeur souhaite réduire ses émissions de CO2, mais sans se conformer entièrement à la stratégie imposée par Bruxelles.

Hans De Jaeger, responsable européen de Honda, a récemment déclaré que l’industrie a besoin de plus de flexibilité technologique. Il critique le fait que l’objectif unique de zéro émission à l’échappement limite les choix des consommateurs et impacte déjà la vente de voitures neuves en Europe. Selon lui, il faut privilégier des objectifs de réduction de CO2 plus réalistes et diversifiés, plutôt qu’un mandat unique pour tous les véhicules électriques.

Un cadre législatif contraignant pour Honda

Le cadre législatif européen, notamment le règlement (UE) 2019/631, fixe la réduction des émissions de CO2 pour les voitures neuves à 100 % d’ici 2035. Cette réglementation revient, en pratique, à interdire presque tous les nouveaux moteurs thermiques, sauf dans des cas très spécifiques. Honda considère cette approche comme trop restrictive, car elle ne laisse pas de place aux autres leviers de décarbonation, alors que la demande pour les véhicules électriques ralentit et que tous les clients ne peuvent pas encore se tourner vers le tout électrique.

Une stratégie centrée sur la neutralité carbone

Malgré ses réserves, Honda ne se voit pas comme un retardataire en matière de climat. La marque vise la neutralité carbone pour l’ensemble de ses activités d’ici 2050. Elle prévoit également d’atteindre 100 % de ventes de véhicules électriques ou à hydrogène d’ici 2040. En Europe, depuis 2022, tous les modèles vendus, qu’ils soient hybrides ou électriques, ont permis de réduire d’environ 30 % les émissions de CO2 de la flotte entre 2018 et 2023.

Honda insiste aussi sur une approche « multi-voies » pour réduire ses émissions. La marque mise sur les hybrides, hybrides rechargeables, véhicules 100 % électriques comme le SUV e:Ny1, ainsi que sur des projets utilisant l’hydrogène ou des carburants neutres en carbone. Par ailleurs, Honda a récemment modifié ses investissements mondiaux, réduisant le budget prévu pour les véhicules électriques de 10 000 à 7 000 milliards de yens (environ 60 à 42 milliards d’euros) d’ici 2031, et a annulé plusieurs modèles électriques en Amérique du Nord, face à une demande moins forte que prévu et à une concurrence accrue.

Une réponse aux attentes européennes

Pour l’automobiliste européen, cette position de Honda se traduit par une offre principalement orientée vers l’hybride, avec quelques véhicules électriques, souvent haut de gamme. La marque souhaite montrer qu’elle peut continuer à réduire ses émissions de CO2 sans se limiter à une seule technologie. Honda demande à Bruxelles de reconnaître cette diversité de solutions, plutôt que d’imposer une stratégie unique axée sur le tout électrique. La question reste ouverte quant à la volonté de l’Union européenne d’assouplir ses règles face aux réalités industrielles et climatiques.

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