Fraude à l’assurance auto : l’IA révolutionne les astuces des escrocs

Fraude à l’assurance auto : l’IA révolutionne les astuces des escrocs

Les nouvelles formes de fraude à l’assurance auto grâce à l’intelligence artificielle

Depuis 2025, la fraude à l’assurance auto connaît une mutation importante, facilitée par l’usage de l’intelligence artificielle (IA). Les fraudeurs utilisent désormais des techniques sophistiquées pour tromper les assureurs. Parmi ces méthodes : photos truquées, voitures maquillées ou encore deepfakes. Ces pratiques discrètes ont un impact direct sur le montant des primes que doivent payer les conducteurs honnêtes.

Comment certains falsifient leur véhicule avec l’IA

Les assureurs comme Leocare constatent une augmentation des tentatives de fraude. La moitié des fraudes analysées concernent désormais le maquillage physique ou numérique du véhicule au moment de la souscription. L’objectif est de donner l’impression que la voiture est en parfait état, alors qu’elle présente déjà des dégâts. Ensuite, les fraudeurs déclarent des sinistres pour des dommages déjà présents, ce qui leur permet d’obtenir indûment une indemnisation.

Les techniques sont variées. Certains effacent via l’IA des rayures ou fissures sur les photos envoyées lors de la souscription. D’autres prennent des clichés dans des conditions d’éclairage faibles pour dissimuler des défauts. Certains cherchent même en ligne un modèle identique à leur véhicule, remplacent leur numéro de plaque, puis envoient des images d’un véhicule impeccable à l’assureur.

Pour lutter contre ces tentatives, Leocare a mis en place plusieurs dispositifs. Parmi eux : demander une prise de vue en direct du véhicule au moment de la souscription ou encore mobiliser une équipe spécialisée assistée par l’IA en cas de suspicion. Cependant, malgré ces efforts, les fraudeurs innovent constamment pour contourner ces mesures, explique Christophe Dandois, le PDG de Leocare.

Les conséquences pour l’assurance et le portefeuille des conducteurs

Après avoir fraudé en présentant de fausses images, certains fraudeurs attendent quelques semaines avant de déclarer un sinistre réel. Lors de cette étape, ils envoient des photos authentiques de leur véhicule endommagé. Le coût moyen de ces sinistres frauduleux est estimé à environ 2 500 euros pour des réparations de carrosserie et 1 000 euros pour un bris de glace. À l’échelle du marché, la fraude représente plusieurs centaines de millions d’euros chaque année, selon l’Agence de Lutte contre la Fraude à l’Assurance (ALFA). La Fédération Française de l’Assurance chiffre même cette fraude à environ 2,5 milliards d’euros par an.

Pour limiter ces abus, les assureurs investissent dans des expertises plus poussées, des analyses techniques et des équipes spécialisées. Ces dispositifs, intégrant aussi l’IA, ont un coût. Selon Christophe Dandois, la lutte contre la fraude peut représenter jusqu’à 10 % du prix d’une assurance. Sur une prime annuelle de 700 euros, cela peut se traduire par une augmentation de plusieurs dizaines d’euros pour chaque assuré.

La course à l’armement entre assureurs et fraudeurs

Pour faire face à ces nouvelles formes de fraude, les assureurs utilisent également l’IA. Des applications obligent désormais à réaliser des prises de vue en direct du véhicule, avec horodatage et parfois géolocalisation, pour empêcher l’envoi de photos retouchées. D’autres solutions analysent automatiquement les images et les documents pour détecter d’éventuelles anomalies, même invisibles à l’œil nu. En cas de doute, un expert peut demander des images supplémentaires ou organiser une visio avec l’assuré.

Ces mesures impliquent parfois davantage de contrôles pour les conducteurs honnêtes, comme la nécessité de fournir plusieurs photos sous différents angles ou des justificatifs complémentaires. Leur objectif est cependant clair : éviter que quelques fraudeurs ne fassent grimper la prime de tous. La fraude à l’assurance, qu’elle soit numérique ou physique, reste une infraction sévèrement punie par la loi, avec des sanctions pouvant aller jusqu’à 5 ans de prison et 375 000 euros d’amende pour escroquerie.

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