Carburants : la baisse tant attendue n’arrivera pas tout de suite
Une baisse des prix des carburants en vue, mais pas immédiatement
Après plus de trois mois de conflit au Moyen-Orient, l’annonce d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran a suscité l’espoir d’une diminution des prix du carburant en France. Cependant, selon Laurent Cappelletti, économiste et professeur au CNAM, cette baisse ne sera pas perceptible dans l’immédiat.
Depuis le début de la guerre en Iran le 28 février, les prix des carburants ont fortement augmenté en France, en raison de la volatilité sur le marché pétrolier. Avec l’annonce de l’accord, le prix du baril de pétrole a connu une chute, entraînant une baisse du gazole, le carburant le plus consommé par les Français. Vendredi, le prix du gazole est passé sous la barre des deux euros le litre, un seuil jamais atteint depuis début mars.
Les prix restent encore élevés
Malgré cette baisse, les prix à la pompe restent supérieurs à ceux d’avant le conflit. Selon une estimation de l’AFP basée sur les données du gouvernement, le prix moyen du SP95 était d’environ 1,95 euro le litre mardi, contre 1,72 euro avant la guerre. Le gazole affichait quant à lui 1,995 euro, contre 1,72 euro auparavant.
Quand peut-on espérer une baisse durable ?
Laurent Cappelletti explique qu’il faut attendre une perception claire du marché quant à la fin durable du conflit. Si la signature du traité semble solide et que des mesures comme la réouverture du détroit d’Ormuz ou l’arrêt des hostilités sont confirmées rapidement, une baisse des prix pourrait suivre. Mais il précise que toutes les conditions doivent être réunies pour que cette chute soit durable.
Concernant le délai, l’économiste indique que les prix actuels reflètent des stocks achetés il y a environ trois semaines. La répercussion d’une baisse des prix sur le marché pourrait prendre entre une et trois semaines. En résumé, il faudrait attendre environ quinze jours à trois semaines pour constater une baisse effective à la pompe, si les conditions favorables sont réunies.
Les attentes du gouvernement
Le gouvernement français reste vigilant face à cette situation. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a évoqué une baisse rapide possible des prix des carburants. Sur son compte X, il a souligné que la signature d’un accord et la réouverture du détroit d’Ormuz pourraient se traduire rapidement par une baisse des prix du pétrole et, par conséquent, des carburants en France.
Il a également insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue, affirmant que si les prix du pétrole baissent, les prix à la pompe devraient suivre le même mouvement rapidement. Le gouvernement souhaite ainsi éviter une nouvelle hausse et surveiller de près l’évolution des marchés.
Invité sur CNEWS, Michel-Edouard Leclerc a rappelé l’importance de libérer le détroit d’Ormuz pour que cette baisse se concrétise, soulignant que la stabilité dans cette zone est essentielle pour une réduction durable des prix des carburants.
