80 % des Français trouvent leur voiture trop chère Découvrez comment la mobilité devient un luxe
Selon une étude récente, 80 % des Français considèrent que le coût de leur voiture est devenu excessif. Entre le prix d’achat, le carburant, l’assurance et l’entretien, posséder une voiture ressemble désormais à un luxe contraint. Ce constat reflète une nouvelle fracture dans la mobilité quotidienne.
Une pression financière croissante sur le budget auto
Les chiffres révèlent que la majorité des Européens, dont 96 % en France, trouvent que se déplacer en voiture coûte de plus en plus cher. En France, 98 % des automobilistes estiment que la voiture individuelle est coûteuse, dont 44 % la jugent très chère. Pourtant, la dépendance à la voiture reste forte : 91 % des Français déclarent qu’ils ne peuvent pas se déplacer comme ils le souhaitent sans leur véhicule.
Ce sentiment de voiture devenue un luxe se confirme : 80 % des Français pensent que posséder une voiture est désormais un privilège. Par ailleurs, 57 % d’entre eux indiquent que la voiture représente leur principal poste de dépense. Ce chiffre grimpe à 78 % chez les jeunes de 18 à 24 ans et chute à 40 % chez les plus âgés. Selon une étude, le coût annuel de détention d’un véhicule peut atteindre entre 5 000 et 10 000 euros, soit environ 400 à 800 euros par mois, un montant difficile à assumer pour beaucoup.
Les postes de dépenses qui ont fait gonfler la facture
La hausse des dépenses ne se limite pas au prix d’achat. En septembre 2024, le budget moyen mensuel consacré au financement d’un véhicule neuf en France était d’environ 395 euros, contre 283 euros en moyenne en 2026. Ce déclin s’explique par une baisse temporaire, mais le coût de la voiture neuve continue d’augmenter sous l’effet des normes, de l’électronique et de l’électrification, creusant un écart avec le budget des ménages.
Le coût des dépenses quotidiennes a également augmenté. La majorité des automobilistes, 95 %, pensent que les tensions internationales auront un impact durable sur le prix du carburant. Une majorité (92 %) souhaite un bouclier tarifaire pour limiter cette hausse. Par ailleurs, l’entretien, les réparations, l’assurance, le carburant, les taxes et péages contribuent à alourdir la facture. Les principaux postes de dépense pour un conducteur français comprennent :
- Carburant : très sensible aux prix mondiaux et à la fiscalité.
- Assurance auto : en hausse, notamment pour les jeunes et en zones urbaines.
- Entretien et réparations : plus coûteux à cause de véhicules de plus en plus complexes et électroniques.
- Financement ou loyer du véhicule :
- Frais périphériques : carte grise, contrôles techniques, péages, stationnement, amendes.
Les comportements face à cette réalité
Face à ces coûts croissants, les comportements évoluent. Selon l’étude, 76 % des Français ont réduit leurs déplacements non essentiels. 44 % ont renoncé à changer de voiture, et 34 % ont reporté des réparations ou des entretiens non urgents. Beaucoup décident de garder leur véhicule plus longtemps, en différant certains travaux pour mieux gérer leur budget.
Certains automobilistes envisagent également de réduire leurs garanties d’assurance, voire de rouler sans assurance, ce qui reflète la pression financière qu’ils ressentent. La transition vers des véhicules électriques ou hybrides est également freinée par le coût : 60 % des Européens, dont autant en France, seraient prêts à acheter ce type de véhicule, mais une majorité (61 %) souhaite un délai supplémentaire face à la fin programmée des ventes de voitures thermiques à partir de 2035, qui est perçue comme une contrainte supplémentaire.
Le choix du véhicule, désormais dicté par la calculatrice
Les automobilistes rationalisent de plus en plus leur achat. En France, 91 % citent au moins un critère financier lors du choix d’un véhicule. Le prix d’achat arrive en tête, mentionné par 81 % des répondants, devant la consommation de carburant et la fiabilité, toutes deux citées par 58 %, puis le coût de l’entretien, par 51 %. La marque, l’esthétique ou la technologie sont désormais secondaires.
Dans ce contexte, l’achat d’un véhicule d’occasion reconditionné gagne du terrain. 73 % des Français y ont déjà pensé, mais seuls 43 % savent précisément ce qu’est un véhicule reconditionné. Ceux qui connaissent ce marché le trouvent très attractif : 86 % pensent qu’il est moins cher qu’un véhicule neuf, 72 % estiment qu’il offre davantage de garanties, et 70 % pensent qu’il a un meilleur impact environnemental. Beaucoup souhaitent également que ce type d’achat bénéficie d’aides publiques.
Selon Romain Boscher, directeur général d’Aramisauto, le sujet n’est pas tant la perte d’intérêt pour la voiture, mais plutôt la difficulté à maîtriser son budget. Il souligne que l’objectif est de rendre l’achat plus transparent, fiable et accessible, notamment via le marché de l’occasion reconditionnée.
Pour de nombreux Français, l’enjeu principal reste de retrouver un contrôle sur leur budget automobile, qui s’est fortement tendu ces dernières années. La nécessité de continuer à se déplacer tout en maîtrisant ses dépenses devient une priorité pour beaucoup.
