Une station-service autrichienne facture 372 € pour un arrêt de 10 secondes
À Wöllersdorf-Steinabrückl, en Basse-Autriche, une station-service fermée facture 372 € pour de simples arrêts de quelques secondes. Des automobilistes ont reçu des courriers leur réclamant cette somme, même sans avoir fait le plein de carburant, selon le média autrichien Krone.
Ce site, situé dans le quartier de Wiener Neustadt et connu pour ses prix attractifs, est surveillé par des caméras. Après un bref passage, certains conducteurs reçoivent des notifications d’avocats leur demandant de payer cette somme. La station, désormais fermée, reste sous contrôle et la circulation y est interdite, ce qui entretient un climat de méfiance autour de ce terrain privé. La question qui revient souvent : comment un arrêt si court peut-il entraîner une amende de 372 € en Autriche ?
Une courte pause qui coûte cher : 88 secondes d’arrêt, 372 € d’amende
Jakob P. raconte avoir été arrêté sur le site le temps de prendre une bouteille d’eau dans son coffre. « J’étais là pendant une minute et 28 secondes », indique-t-il au quotidien Krone. Deux semaines plus tard, il découvre une lettre d’un avocat lui réclamant 372 € pour ce bref arrêt.
Surpris, il a consulté un service juridique et un avocat. « On m’a conseillé d’ignorer cette lettre pour l’instant et d’attendre si une action en justice suivait », précise-t-il. La lettre, selon lui, est rédigée de manière agressive pour pousser à un paiement rapide, sans laisser le temps de réfléchir.
Ce cas n’est pas isolé. Anita K. a également reçu une demande de paiement après une courte pause à moto avec son mari, puis une seconde relance proposant un paiement échelonné. Sur place, des caméras enregistrent chaque arrêt, même très court, chaque demi-tour ou changement de conducteur, et sanctionnent souvent à hauteur de 372 €.
Comment justifier cette somme : propriété privée, caméras et clôture
Le gérant de la station, Nikoll Bibaj, explique que le terrain est une propriété privée. Tout arrêt non lié à un plein est interdit, même brièvement. Un panneau à l’entrée indique que la circulation de transit est interdite, mais il est discret et peu visible. Selon lui, il n’y a pas de raison de s’arrêter pour comparer les prix, car ceux-ci sont visibles depuis la rue.
Il a tenté de résilier le contrat avec la société de surveillance, mais reste engagé jusqu’à la fin de l’année. La station reste fermée, mais le contrôle continue, ce qui alimente la méfiance des automobilistes.
La Chambre de commerce autrichienne suit ces dossiers de près. Selon Michael Steinparzer, il est important de se renseigner auprès des associations de consommateurs ou des clubs automobiles pour connaître ses droits. Face à cette situation, Nikoll Bibaj a décidé de fermer sa station. Il explique : « Je n’en ai plus envie », tout en maintenant l’interdiction de transit par de nouveaux panneaux. La question reste : ces pratiques sont-elles légales, et combien d’autres cas similaires existent dans le pays ?
