Voiture électrique : une fonctionnalité tendance pourrait augmenter le risque d’accidents
Une fonctionnalité populaire des voitures électriques pourrait augmenter le risque d’accident
Une nouvelle étude menée en Allemagne remet en question la sécurité de certaines fonctionnalités très prisées des voitures électriques. Selon l’Université de la conduite et des accidents (UDV), une fonction couramment adoptée par des millions d’automobilistes pourrait être liée à une augmentation des accidents à très basse vitesse.
Cette recherche, publiée le 2 juillet 2026, analyse près de 500 accidents graves impliquant des véhicules électriques et des modèles thermiques comparables. Si les chercheurs confirment que les voitures électriques ne provoquent pas plus de dégâts, ils notent que leurs conducteurs adoptent généralement une conduite plus prudente. Cependant, certains scénarios d’accidents sont plus fréquents chez les véhicules électriques, notamment lors des démarrages à faible vitesse.
La conduite à une pédale : un confort qui peut devenir risqué
Au cœur de ces situations, l’étude cible la conduite à une pédale, un système de contrôle très répandu sur les modèles récents. Avec cette fonction, le conducteur accélère en enfonçant la pédale droite, et le ralentissement se fait en la relâchant. La décélération est alors assurée par le freinage régénératif, qui peut même arrêter complètement le véhicule sans action supplémentaire du conducteur.
Les données de l’UDV montrent une augmentation des accidents liés à une erreur de pédale, surtout lors du démarrage. Ces collisions concernent principalement des véhicules contrôlés presque uniquement par l’accélérateur. Kirstin Zeidler, directrice de l’UDV, explique que cette habitude de conduite peut augmenter le risque de confusion des pédales en situation d’urgence. Selon l’étude, neuf accidents impliquant des voitures électriques ont été recensés dans ce contexte, contre un seul pour un modèle thermique. Aujourd’hui, ces erreurs représentent 2,2 % des accidents étudiés, contre 0,5 % il y a quelques années. La moitié des conducteurs impliqués ont plus de 75 ans, ce qui souligne un facteur d’âge important.
Les piétons et le bruit artificiel : des enjeux de sécurité
Autre point abordé par l’étude : la sécurité des piétons, surtout à très faible vitesse. Les accidents sont plus fréquents lors des démarrages, en marche arrière ou en virage, souvent au crépuscule ou dans l’obscurité. Kirstin Zeidler précise que les piétons ont plus de mal à percevoir les voitures électriques dans ces situations.
Depuis 2021, les voitures électriques doivent émettre un bruit artificiel via le système AVAS lorsqu’elles roulent à moins de 20 km/h. Toutefois, l’étude souligne que ces sons peuvent être faibles ou mal perçus, notamment dans l’environnement urbain. Parmi 38 collisions avec des piétons, 25 impliquaient une voiture électrique, contre 13 pour un modèle thermique. La majorité de ces accidents ont eu lieu dans des situations où l’AVAS aurait dû jouer un rôle protecteur. La moitié des véhicules accidentés étaient déjà équipés de ce dispositif sonore.
Une sécurité globale toujours présente, mais des pistes d’amélioration
Malgré ces points faibles, l’UDV insiste sur le fait que les voitures électriques restent globalement sûres. Elles offrent même une meilleure protection pour leurs occupants que des véhicules thermiques, grâce à leur poids plus élevé et à leurs équipements de sécurité modernes. Les conducteurs d’électriques ont également tendance à moins perdre le contrôle de leur véhicule ou à être impliqués dans des accidents liés à l’alcool ou aux stupéfiants.
Kirstin Zeidler précise que ces résultats ne doivent pas être interprétés comme une critique de la mobilité électrique. En Allemagne, deux millions de voitures électriques circulaient déjà en début d’année, soit environ 4 % du parc automobile. D’ici 2040, le gouvernement prévoit que près de 60 % des voitures particulières seront électriques.
Les chercheurs proposent plusieurs axes pour améliorer la sécurité des véhicules électriques à l’avenir : des bruits artificiels plus distinctifs, des signalisations claires pour indiquer la disponibilité du véhicule, des aides pour éviter les heurts lors du démarrage, et un poids mieux contrôlé. Ils comptent poursuivre leurs travaux sur la conduite à une pédale, alors que le parc électrique continue de s’étendre.
