Tesla accusée de favoritisme envers les travailleurs étrangers
Tesla poursuivie en justice pour favoritisme envers les travailleurs étrangers
La société Tesla est au centre d’une controverse qui dépasse le cadre judiciaire. En pleine guerre commerciale et dans un contexte où Washington met en avant le « Made in America », Tesla est accusée de privilégier systématiquement les travailleurs étrangers titulaires de visas au détriment des citoyens américains.
Les faits révélés par Reuters
L’affaire a été révélée par l’agence de presse Reuters. Elle concerne notamment Scott Taub, un ingénieur américain qui a postulé chez Tesla. Selon les accusations, il aurait été écarté en faveur de candidats détenteurs de visas H-1B, des visas américains hautement qualifiés pour les travailleurs étrangers.
Ce qui aurait commencé comme une déception professionnelle s’est transformé en affaire judiciaire. En effet, un e-mail interne de Tesla indique que le poste en question était réservé dès le départ aux seuls titulaires de ce type de visa. Cette preuve renforce les accusations selon lesquelles l’entreprise aurait favorisé ces travailleurs étrangers.
Une procédure en cours
Le juge en charge de l’affaire a refusé de classer le dossier, malgré les demandes de Tesla. Il estime que les éléments présentés sont suffisants pour poursuivre l’instruction. Tesla, de son côté, a qualifié ces accusations d’« absurdes » dans ses conclusions, mais la justice semble peu convaincue par cette défense.
Des chiffres qui alimentent le débat
Lors des audiences, des chiffres ont été évoqués pour illustrer le contexte. En 2024, Tesla aurait recruté 1 355 travailleurs qualifiés sous visa H-1B, tout en licenciant 6 000 Américains. Le juge a toutefois précisé que ces chiffres ne prouvent pas nécessairement une discrimination délibérée.
Cependant, dans le climat politique actuel, l’effet symbolique de ces données est lourd. L’argument économique est aussi au cœur du débat : les détenteurs de visas H-1B, souvent liés à leur employeur par leur statut, se trouvent dans une position de dépendance. Cela limite leur capacité à négocier leurs salaires ou à quitter leur poste, créant une main-d’œuvre qualifiée, captive et économique.
Une ironie à double tranchant
Elon Musk, le patron de Tesla, est aujourd’hui l’un des conseillers influents de Donald Trump. Ce dernier a adopté une politique économique visant à défendre l’emploi américain, notamment en luttant contre l’outsourcing et l’immigration de travail. Récemment, l’administration Trump a même instauré une taxe de 100 000 dollars par nouveau visa H-1B pour limiter ces pratiques.
Il est donc paradoxal que Tesla, entreprise phare dans cet écosystème, se retrouve accusée de favoritisme envers les travailleurs étrangers. Ce paradoxe pourrait être exploité par ses opposants politiques, qui dénoncent souvent le double discours autour de la défense de l’emploi national.
