Renault tire la sonnette d’alarme sur l’avenir des batteries françaises

Renault tire la sonnette d’alarme sur l’avenir des batteries françaises

Renault exprime ses inquiétudes concernant l’avenir de la filière française des batteries électriques, en particulier face à Verkor, son principal fournisseur de cellules. La marque pointe des retards importants et un manque de compétitivité qui soulèvent des questions sur la stratégie industrielle européenne.

Une start-up sous pression

Renault, qui détient 12 % de Verkor et est également son principal client, demande à l’entreprise de « redresser sa trajectoire industrielle ». La réalité est plus difficile : la production accuse environ 18 mois de retard, et les coûts sont jugés trop élevés.

Fondée en 2020, Verkor symbolise l’ambition française dans la fabrication de batteries. Son usine près de Dunkerque, inaugurée fin 2025, a mobilisé 1,5 milliard d’euros, en grande partie financés par des aides publiques. L’objectif était de renforcer la souveraineté industrielle européenne face aux acteurs asiatiques.

Mais la situation actuelle montre que les performances ne suivent pas. Renault souligne une perte de compétitivité par rapport à d’autres fournisseurs européens, ce qui devient difficile à supporter dans un contexte de pression sur les coûts des véhicules électriques.

Des retards aux conséquences concrètes

Les difficultés de Verkor ont des répercussions concrètes pour Renault. Le constructeur a déjà dû se tourner vers le sud-coréen LG pour sécuriser l’approvisionnement de certains modèles, notamment à cause des retards de Verkor. Cette démarche a engendré des coûts supplémentaires.

De manière plus significative, Renault a décidé de ne pas confier à Verkor la fabrication des batteries pour son modèle Master électrique. Cette décision montre une perte de confiance, au moins partielle, dans la capacité de Verkor à respecter ses engagements.

Pour autant, Renault ne coupe pas complètement les ponts. La marque insiste sur son rôle de « partenaire de long terme » tout en rappelant ses contraintes économiques. Cela permet de maintenir une pression tout en conservant une relation, dans un contexte où les alternatives européennes sont limitées.

Une filière européenne encore fragile

Les problèmes rencontrés par Verkor ne sont pas isolés. Stellantis a également connu des retards avec ACC, un autre acteur clé du secteur européen de la batterie, qui peine à augmenter sa cadence de production.

Ces difficultés surviennent alors que l’Union européenne cherche à bâtir une industrie européenne de batteries plus autonome, afin de réduire sa dépendance à l’Asie. En France, des discussions sont en cours avec Bruxelles pour débloquer jusqu’à 500 millions d’euros de soutien supplémentaire pour Verkor et ACC.

Une question demeure : ces investissements publics seront-ils suffisants pour compenser les retards et améliorer la compétitivité ? À court terme, les constructeurs automobiles doivent sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement, ce qui peut les amener à s’éloigner de leurs ambitions initiales de relocalisation.

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