Scandale Takata : VW et BMW dans la tourmente en France
Une affaire qui s’étend aux constructeurs allemands
Alors que l’affaire Takata continue de faire grand bruit en France, l’association de défense des consommateurs CLCV a lancé deux procédures en justice devant le tribunal de Paris. Les plaintes visent principalement le groupe Volkswagen, qui regroupe également Audi, Seat et Skoda, ainsi que la société BMW. L’objectif est de faire reconnaître leur responsabilité dans la gestion de cette crise qui s’éternise.
Les propriétaires de centaines de milliers de voitures en circulation en France sont directement concernés. Certains se retrouvent du jour au lendemain avec l’interdiction d’utiliser leur véhicule, en raison des risques liés aux airbags défectueux.
Une réponse insuffisante des constructeurs
Les témoignages recueillis par l’association montrent une frustration croissante. Les propriétaires reçoivent souvent des courriers alarmants, suivis de longs mois d’attente pour obtenir des pièces de rechange en concession. Pour BMW, plus de 260 000 automobilistes français pourraient être touchés. La maison de Wolfsburg est poursuivie pour environ 230 000 dossiers.
Les conducteurs se sentent coincés. Ils craignent que leur tableau de bord devienne un danger en explosant ou en projetant des débris lors d’un accident. Par ailleurs, il leur est difficile d’obtenir rapidement un rendez-vous pour faire réparer leur véhicule.
Le contrôle technique, un nouveau frein
Une nouvelle réglementation aggrave encore la situation. Depuis peu, les centres de contrôle technique appliquent des règles strictes pour les véhicules concernés. Si un modèle fait l’objet d’un rappel officiel pour son airbags et que le remplacement n’a pas été effectué, il échouera au contrôle. Cela signifie que la voiture ne pourra plus circuler le jour même.
Cette mesure vise à éliminer du parc automobile ces véhicules à risque élevé. Cependant, elle pénalise aussi les automobilistes qui attendent des pièces de rechange, parfois jusqu’à six mois. La dégradation du nitrate d’ammonium, composant du système de gonflage, est à l’origine de ce danger. Avec le temps, chaleur et humidité, ce produit peut provoquer une détonation violente, brisant le boîtier en acier et projetant des éclats dangereux pour les occupants.
