Chine : Les voitures chinoises en pleine ascension en France
Les marques chinoises gagnent du terrain en France, tandis que les constructeurs français comme Peugeot, Citroën et Renault voient leur présence s’éroder en Chine. Derrière ces chiffres opposés se joue un véritable affrontement discret dont les enjeux sont majeurs.
Une montée rapide des voitures chinoises en France
Sur le marché français, la croissance des voitures venues de Chine est notable. En 2024, elles représentaient environ 1,83 % des immatriculations de voitures neuves. Un an plus tard, en 2025, leur part de marché atteignait déjà 3,4 %. Au premier semestre 2026, cette proportion est passée à près de 4,8 %, avec environ 41 000 véhicules immatriculés sur un total de 857 000. En juillet 2026, un seuil symbolique a été franchi : près de 10 000 voitures chinoises ont été vendues en un seul mois, soit 7,9 % des ventes, un record qui montre que la tendance ne faiblit pas.
Parmi les marques dominantes, MG, contrôlée par un groupe chinois mais d’origine britannique, représente environ 2 % du marché français avec plus de 16 400 immatriculations au premier semestre 2026. BYD suit de près avec environ 1,7 % et quelque 13 500 véhicules. D’autres nouveaux acteurs comme Jaecoo, Leapmotor ou Xpeng étoffent rapidement leurs gammes et leurs réseaux de distribution. La majorité de ces véhicules sont électriques ou hybrides rechargeables, souvent avec des incitations comme le bonus écologique, ce qui facilite leur adoption.
Une chute des ventes françaises en Chine
De leur côté, les marques françaises en Chine voient leur présence diminuer fortement. Leur part de marché totale n’atteint plus que 0,09 %. Citroën représente environ 0,05 %, et Peugeot à peine 0,04 %. Il y a quelques années, leur volume était plus conséquent. En 2020, Peugeot vendait environ 25 600 voitures en Chine, soit environ 0,1 % du marché, qui comptait alors plus de 25 millions de véhicules. En 2023, ce chiffre est passé à environ 60 600 voitures, correspondant à 0,2 %, avant de retomber à ce niveau très faible aujourd’hui.
Ce recul s’explique par la transformation du marché chinois. Les marques locales y ont pris une avance massive, représentant environ 65 % des ventes en 2025. Les constructeurs étrangers, notamment européens, japonais ou américains, reculent. Les coentreprises entre constructeurs chinois et groupes occidentaux n’ont pas suffi à contrer cette tendance. Renault, par exemple, s’est partiellement retiré du marché chinois, signe d’un repositionnement stratégique. Le marché est désormais dominé par des SUV très connectés, électriques ou hybrides rechargeables, conçus pour répondre aux attentes locales. Dans ce contexte, les offres françaises peinent à s’imposer, malgré quelques tentatives de relance.
Un déséquilibre marqué entre la Chine et la France
Les deux marchés racontent une histoire très différente. En France, les marques chinoises tournent autour de 5,2 % de part de marché sur l’année, avec des pointes à près de 8 % certains mois. En revanche, en Chine, les marques françaises ne représentent que 0,09 % du marché actuel. Pour faire une comparaison, les constructeurs chinois vendent plus de cinquante fois plus de voitures en France qu’ils n’en écoulent en Chine.
Plusieurs facteurs expliquent cette asymétrie :
- En Chine, un fort soutien public aux véhicules électriques et aux batteries, avec des groupes locaux intégrés, facilite leur développement.
- Les offres de SUV, électriques et hybrides, sont adaptées aux préférences des consommateurs chinois. Les marques françaises ont souvent manqué le bon timing pour s’y positionner.
- En Europe, le marché reste ouvert aux importations, encadré par des aides écologiques, des droits de douane et d’autres réglementations qui freinent l’expansion des modèles chinois les plus abordables.
- Les réseaux commerciaux chinois sont très denses, digitalisés et bien implantés sur leur marché intérieur. Les marques françaises progressent beaucoup plus lentement en Asie.
Pour les constructeurs français, cette situation crée une double pression. Ils ont perdu en visibilité sur le premier marché mondial et doivent faire face à des concurrents chinois déjà bien implantés, notamment dans le segment familial. Certains envisagent des alliances industrielles ou des implantations d’usines en Europe pour répondre à ces enjeux, tout en gérant la question de l’emploi et de la localisation de la valeur ajoutée.
Une dynamique à sens unique ?
En résumé, la situation est très déséquilibrée. En France, les marques chinoises atteignent environ 5,2 % de part de marché, avec des pics à près de 8 %, alors que les marques françaises en Chine ne représentent qu’une fraction très faible, autour de 0,09 %. Les ventes des constructeurs chinois en France dépassent largement celles de leurs homologues français en Chine. Cette asymétrie s’explique par plusieurs facteurs, notamment le soutien public chinois, une offre adaptée aux attentes locales, les réglementations européennes et la capacité des réseaux chinois à se développer rapidement.
