Pourquoi les assureurs britanniques refusent-ils de couvrir les voitures chinoises
Les assureurs réticents à couvrir les voitures chinoises
Au Royaume-Uni, de nombreuses compagnies d’assurance refusent encore de couvrir les véhicules chinois. Pourquoi cette hésitation ?
Les voitures chinoises gagnent du terrain sur le marché britannique. Actuellement, plus de 150 constructeurs originaires de Chine y proposent leurs modèles. Plusieurs marques comme BYD, MG, Xpeng, Nio ou Omoda & Jaecoo tentent leur chance en Europe, notamment au Royaume-Uni. Leur part de marché ne cesse d’augmenter : selon AutoExpress, elles représentent environ une voiture neuve sur dix immatriculée dans le pays. Pourtant, beaucoup de compagnies d’assurance refusent de les couvrir. Quelles en sont les raisons ?
Les freins des assurances face aux voitures chinoises
Le principal avantage des voitures chinoises réside dans leurs tarifs très compétitifs. Certains modèles coûtent plusieurs milliers d’euros de moins que leurs équivalents européens ou japonais. Cependant, ces économies d’achat peuvent être compensées par des primes d’assurance plus élevées. De plus, le nombre limité de compagnies prêtes à assurer ces véhicules complique encore la situation. Sur le long terme, cela pourrait revenir plus cher aux conducteurs que l’achat d’une voiture de marque plus connue.
Une étude récente menée par Carwow illustre cette tendance. Pour cette enquête, l’entreprise a contacté dix grands assureurs britanniques, dont Admiral, Aviva, Direct Line, Hastings, LV=, AXA, Ageas, AA, esure et Allianz. L’objectif ? Obtenir des devis pour huit modèles différents, dont quatre voitures chinoises : la Jaecoo 7, la XPeng G6, la Skywell BE11 et la BYD Seal U. Les autres véhicules de référence étaient des modèles européens ou japonais tels que le Volkswagen Tiguan, le Kia EV3, le Peugeot E-3008 et le Toyota RAV4. Les résultats sont parlants.
Des différences marquantes dans les devis d’assurance
Les écarts de coûts d’assurance sont très importants. Par exemple, pour le Skywell BE11, la plupart des assureurs ont refusé de proposer un devis. Seule une compagnie a accepté, en proposant une prime exorbitante de 2 203 livres par an, soit plus de trois fois le prix moyen pour un Peugeot E-3008, qui s’élève à 838 livres.
Le cas de la XPeng G6 illustre également ces difficultés. Sur dix assureurs, seulement cinq ont accepté de fournir un devis. La prime la plus élevée était de 1 569 livres, contre 1 171 livres pour le Kia EV3. La moyenne pour ce modèle chinois s’établit à 1 102 livres, contre 827 livres pour le véhicule coréen. Quant à la Jaecoo 7, plusieurs assureurs ont refusé de donner un devis. Ceux qui l’ont fait ont proposé une prime moyenne de 858 livres, soit 165 livres de plus que pour un Volkswagen Tiguan.
Les raisons de ces refus
Les assureurs restent prudents face à ces nouvelles marques. Leur principal frein : le manque de données sur la fiabilité, la réparabilité ou le coût des pièces détachées des véhicules chinois. Ces informations sont encore peu disponibles, ce qui limite la capacité des assureurs à estimer précisément le risque. En conséquence, ils préfèrent souvent ne pas couvrir ces voitures ou appliquer des primes plus élevées pour compenser ce manque de certitudes.
