Radars en hausse : la fin du permis ou simple sécurité ?

Radars en hausse : la fin du permis  ou simple sécurité ?

Les radars sont omniprésents sur nos routes, et leur nombre ne cesse d’augmenter. Le gouvernement prévoit d’en installer davantage, notamment des modèles plus performants tels que les cabines tourelles et les radars urbains, qui arriveront en masse dans les prochains mois. Face à cette expansion, l’association 40 Millions d’automobilistes exprime une vive opposition.

Une critique acerbe contre les radars

Cette organisation dénonce ce qu’elle qualifie d’outil de collecte fiscale. Elle reproche notamment à certains radars de fonctionner principalement comme des instruments de répression financière plutôt que comme des moyens de sécurité routière. La cabine installée sur le pont de l’Iroise, dans le Finistère, devient un symbole de cette contestation. Après la baisse de la limite de vitesse à 70 km/h sur cet axe, le radar a relevé 861 infractions en seulement six jours. Ce chiffre témoigne d’une multiplication par dix des contraventions par rapport à la normale.

Les opposants s’interrogent sur l’efficacité réelle de ces contrôles. La majorité des flashs ont été déclenchés pour de petits excès de vitesse, souvent considérés comme peu dangereux. Beaucoup usagers estiment que ces sanctions ne servent pas toujours la sécurité, mais ressemblent davantage à une mécanique de racket. L’association 40 Millions d’automobilistes ne cache pas sa colère et monte régulièrement au créneau.

Une répression qui divise

Selon elle, le réseau de radars, qui compte environ 4 700 appareils en France, ne contribue plus à réduire la mortalité routière, qui stagne autour de 3 200 décès par an depuis une dizaine d’années. Philippe Nozière affirme que la répression automatisée ne sauve plus de vies. Au contraire, elle entretient la méfiance et la colère des conducteurs. Il préconise de s’attaquer aux véritables causes des accidents, telles que l’alcool, les stupéfiants ou la fatigue, responsables de la moitié des morts sur la route, plutôt que de poursuivre les excès de vitesse.

L’association appelle à un changement de stratégie, privilégiant la prévention et la responsabilisation des automobilistes. Elle regrette également la baisse de la présence humaine sur le terrain. Selon elle, les contrôles automatisés ont remplacé les actions de sensibilisation et les interventions directes de la police, ce qui détériorerait la relation entre conducteurs et autorités. Par ailleurs, les contrôles liés à la consommation d’alcool ou de drogues restent encore trop rares, surtout en comparaison avec ceux sur la vitesse.

Pour Pierre Chasseray, délégué général de l’organisation, cette situation crée un profond malaise. Il dénonce l’utilisation de la sécurité routière comme un simple outil de collecte fiscale, plutôt que comme un moyen de protection. Selon lui, tant que cette approche perdurera, les citoyens continueront d’en subir les conséquences sans réel progrès en matière de sécurité.

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