Stop au gaspillage : pourquoi laisser tourner votre moteur coûte une fortune
Une pratique coûteuse et répandue
Malgré le prix élevé du carburant, de nombreux conducteurs ont tendance à laisser leur moteur tourner à l’arrêt, ce qui entraîne une consommation inutile de carburant. Les gestionnaires de flottes d’entreprises cherchent désormais à réduire cette habitude, qui coûte cher à la fois en carburant et en usure des véhicules.
Une consommation excessive liée à l’immobilisation du moteur
Selon une étude du spécialiste de la télématique Geotab, cette pratique reste courante. Par exemple, un camion de livraison reste en moyenne 53 minutes par jour avec son moteur allumé alors qu’il est immobilisé. Cela représente près de 15 % du temps total de fonctionnement du moteur, un chiffre très élevé. Ce temps d’immobilisation ne génère aucune valeur opérationnelle, mais consomme du carburant et accélère l’usure des composants du véhicule.
Le coût pour les entreprises est conséquent. En janvier, le gaspillage de carburant s’élevait à 142 euros par mois et par véhicule. Pour une flotte de 100 véhicules, cela représente 14 200 euros par mois, sans parcourir un seul kilomètre. Sur une année, cette perte peut mettre en danger la rentabilité globale des opérations logistiques.
Les idées reçues persistent
Malgré ces coûts importants, cette pratique perdure. Certaines croyances empêchent de réduire ce gaspillage. Par exemple, beaucoup pensent qu’un redémarrage du moteur consomme plus de carburant que de le laisser tourner au ralenti. D’autres craignent que couper le moteur n’abîme prématurément le démarreur, incitant à désactiver les systèmes start & stop.
Les réalités techniques contredisent ces idées
En réalité, les données techniques montrent que couper le moteur après dix secondes d’arrêt est généralement plus économique. Les motorisations modernes supportent bien les redémarrages fréquents, et les systèmes embarqués optimisent ces cycles pour limiter l’impact sur les composants. Ces dispositifs permettent de réduire la consommation et l’usure du véhicule.
Une prise de conscience et des actions concrètes
Face à ces constats, les gestionnaires de flottes cherchent à sensibiliser les conducteurs. Ils utilisent des outils de suivi précis pour identifier les temps de ralenti et encourager à adapter les comportements. Cela s’inscrit dans une démarche de maîtrise des coûts et de réduction des émissions, surtout dans un contexte où le prix du diesel a bondi de 37 % depuis janvier, atteignant en moyenne 2,115 euros le litre suite à la crise au Moyen-Orient.
Une réglementation stricte
Il est important de rappeler que laisser tourner le moteur à l’arrêt est interdit par l’arrêté ministériel du 12 novembre 1963, notamment son article 2. Les contrevenants s’exposent à une amende de 135 euros. Dans un contexte de prix élevés, il est donc plus que jamais conseillé de couper le moteur lorsque cela est possible.
