Paris dépense 1,5 million d’euros par an pour indemniser ses victimes

Paris dépense 1,5 million d’euros par an pour indemniser ses victimes

Un coût astronomique pour la ville de Paris

Chaque année, la mairie de Paris dépense des sommes importantes pour indemniser les victimes de chutes ou d’accidents liés à l’état dégradé des rues. Ces paiements concernent principalement des piétons, des cyclistes et des conducteurs de deux-roues, victimes d’accidents dont la responsabilité de la collectivité a été reconnue en raison de défauts dans l’aménagement urbain.

En 2024, la dépense totale pour ces préjudices a dépassé 1,5 million d’euros. En 2025, cette facture a encore augmenté, atteignant près de 2 millions d’euros. Depuis le début de 2026, les indemnisations déjà versées dépassent 778 000 euros, laissant présager une nouvelle année record.

Une tendance à la hausse

Les montants versés varient selon les dossiers, mais ils risquent de continuer à augmenter. La municipalité doit traiter de nouveaux cas, ce qui pourrait faire grimper encore davantage cette dépense. Ces coûts alimentent les critiques de certains élus de l’opposition, qui dénoncent une gestion axée sur la réparation plutôt que sur la prévention.

Selon eux, la ville préfère souvent conclure des accords à l’amiable plutôt que de réaliser de véritables travaux pour entretenir et sécuriser les voiries. Un élu, Aurélien Véron, dénonce cette politique qu’il qualifie d’« ubuesque », estimant que la mairie privilégie la réparation après coup plutôt que la prévention des accidents.

Une stratégie contestée

Certains responsables politiques considèrent que le coût réel des accidents pourrait être encore plus élevé, car de nombreuses victimes ignorent encore comment faire valoir leurs droits à indemnisation. Maud Gatel, présidente du groupe « Paris au centre », parle d’un processus devenu « traditionnel » et souligne que ces dépenses traduisent un sous-investissement chronique dans l’entretien de la voirie.

Pour la mairie, ces coûts sont aussi une conséquence de l’évolution des modes de déplacement dans la capitale. La multiplication des cyclistes et l’augmentation du trafic à vélo exposent davantage d’usagers aux risques liés à des chaussées dégradées, ce qui justifierait, selon elle, ces dépenses croissantes.

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