Prix du Gazole et SP95 en hausse : la galère des automobilistes s’intensifie
Le prix du gazole en France approche désormais 2,30 € le litre, tandis que le prix du SP95-E10 flirtant avec les 2 €. Pour de nombreux automobilistes, chaque passage à la station-service devient une épreuve face à ces coûts en hausse. Le gouvernement espérait une baisse d’environ 10 centimes par litre en début de semaine, mais cette réduction n’a pas eu lieu. Certains spécialistes évoquent même une possible nouvelle augmentation des carburants dans les jours ou semaines à venir.
Dans ce contexte tendu, une nouvelle proposition a émergé. Invité du journal de 20h sur France 2 mardi soir, Michel-Édouard Leclerc a indiqué qu’une « mesure technique » peu connue du grand public pourrait permettre de faire baisser le prix à la pompe d’environ 15 centimes par litre, sans que cela ne réduise les recettes fiscales de l’État. Cette annonce suscite l’attention, car elle repose sur un mécanisme peu médiatisé.
Une baisse possible de 15 centimes grâce à un mécanisme technique
Le patron des centres E.Leclerc explique : « On pourrait ponctuellement, en ajustant la mesure chaque mois si nécessaire, réduire d’environ 15 centimes le prix du litre. Cela impliquerait la suspension d’un élément dans le prix des carburants, en lien avec la transition énergétique. Il s’agit des certificats d’énergie, un dispositif peu connu. Ce mécanisme fonctionne comme une taxe : dans le prix du carburant, environ 55 % correspondent à des taxes, mais il y a aussi une contribution des distributeurs et producteurs pour financer des aides comme MaPrimeRénov’. »
Il précise que cette contribution, appelée « certificats d’économie d’énergie » ou CEE, oblige les fournisseurs d’énergie à financer des travaux d’économies d’énergie. Ces coûts, intégrés dans le prix de nombreux produits, ont augmenté fin 2025, faisant grimper le prix du diesel et de l’essence d’environ six centimes par litre. Ce coût supplémentaire est presque invisible pour le consommateur, mais il est bien présent sur la facture, et sert aussi à financer d’autres aides pour la rénovation énergétique.
Les implications de la suspension des CEE
Que se passerait-il si cette contribution était suspendue, comme le suggère Michel-Édouard Leclerc ? Selon lui, cela permettrait de réduire immédiatement le prix à la pompe d’environ 12 à 17 centimes par litre. Pour un automobiliste consommant 60 litres par mois, cela représenterait une économie d’environ 9 € par mois, soit plus de 100 € par an si cette mesure perdurait.
Il ajoute que cette suspension aurait deux avantages majeurs : elle ne ferait pas perdre de recettes à l’État, qui continuerait de percevoir la TICPE et la TVA, et elle n’entraverait pas la consommation des ménages, tout en augmentant la TVA collectée grâce à cette consommation.
Mais cette solution comporte aussi des inconvénients. Les CEE financent une part importante des travaux de rénovation énergétique dans le pays, notamment via des aides comme MaPrimeRénov’. Plusieurs analyses estiment que ce mécanisme soutient chaque année de nombreux chantiers de rénovation, avec des coûts qui peuvent atteindre plusieurs dizaines, voire plus d’une centaine d’euros par foyer et par an, intégrés dans leurs factures et pleins de carburant.
En résumé, suspendre cette contribution permettrait une baisse immédiate du coût pour les automobilistes, mais pourrait également réduire à court terme les ressources disponibles pour financer la transition énergétique. Aucune date précise n’a encore été communiquée quant à la mise en œuvre de cette mesure, ni sur la position officielle du gouvernement face à cette proposition de baisse de 15 centimes à la pompe.
