Fatbikes électriques : la menace inattendue qui bouleverse la ville
Les fatbikes électriques, avec leur taille imposante et leur vitesse élevée, suscitent de plus en plus d’inquiétudes en milieu urbain. Présents dans des villes comme Bordeaux, Paris ou Amsterdam, ces vélos massifs avec des pneus très larges, un guidon haut et parfois deux personnes à bord, surprennent autant les piétons que les autres cyclistes. Certains les qualifient même de « SUV des pistes cyclables ».
Une présence croissante dans les villes
Conçus à l’origine pour rouler dans la neige ou sur le sable, ces vélos de près de 30 kg peuvent atteindre jusqu’à 50 km/h sur certains modèles débridés. Aujourd’hui, ils se retrouvent souvent au milieu des poussettes, trottinettes et vélos classiques. Leur taille et leur vitesse soulèvent une question essentielle : sont-ce encore des vélos ou déjà des véhicules motorisés déguisés ?
Une silhouette qui rappelle la moto
Un fatbike électrique se distingue par ses pneus très larges, un cadre renforcé et une assistance électrique. En ville, ces engins se faufilent partout, y compris sur les trottoirs. Une habitante de Bordeaux témoigne : ils roulent vite, sans casque, ce qui est dangereux aussi bien pour eux que pour les piétons. Leur multiplication dans des espaces déjà saturés alarme de plus en plus.
Un marché en ligne peu réglementé
Le marché des fatbikes connaît une croissance rapide. En France, une fédération professionnelle estime que 96 % des modèles vendus ne respectent pas la réglementation. Près de 125 marques, souvent importées de Chine, commercialisent ces vélos via Internet. Ces produits, parfois très bon marché, autour de 900 euros, sont souvent de qualité inférieure. Les composants essentiels comme le moteur, les freins ou la transmission sont moins performants, ce qui pose problème pour des engins lourds pouvant atteindre 50 km/h.
Un cadre législatif souvent contourné
En théorie, la réglementation française est claire : pour qu’un vélo électrique soit considéré comme tel, il doit obligatoirement nécessiter de pédaler pour que le moteur s’enclenche, l’assistance doit s’arrêter à 25 km/h, et la puissance du moteur ne doit pas dépasser 250 watts. Or, certains fatbikes sont débridés par des applications ou des manipulations, leur permettant d’accélérer sans pédaler ou de dépasser cette limite. Dans ce cas, ils sortent du cadre légal, ce qui complique leur régulation. En cas d’accident, cela peut aussi poser problème pour l’assurance, qui refuse souvent de couvrir les dommages si l’engin n’est pas conforme à la législation.
Contrôles renforcés et sanctions accrues
Face à cette situation, plusieurs municipalités ont décidé de prendre des mesures. À Bordeaux, par exemple, les contrôles de vitesse des fatbikes se multiplient. Un policier municipal indique que ces engins, souvent volumineux, sont trop nombreux pour continuer à fermer les yeux. En dix jours, 45 propriétaires ont été verbalisés. La ville prévoit également la saisie des vélos débridés, qui sont confisqués, mis en fourrière, puis restitués après une procédure et une amende.
Une tendance qui s’étend en Europe
Cette problématique dépasse largement la France. À Amsterdam, où la pratique du vélo est omniprésente, les autorités annoncent que tous les fatbikes seront bientôt interdits dans les zones les plus fréquentées. Partout en Europe, ces « gros vélos » puissants sont dans le collimateur des autorités, qui cherchent à mieux encadrer leur circulation en ville.
