BYD en Europe : la nouvelle invasion qui pourrait tout changer
BYD cherche des opportunités en Europe
Lors d’une conférence à Londres, la vice-présidente de BYD, Stella Li, a confirmé que le constructeur chinois était en négociation avec plusieurs entreprises européennes. L’objectif est de reprendre des usines automobiles inactives ou sous-utilisées en Europe. Les détails précis de ces accords restent encore flous.
Une stratégie pour absorber la surcapacité
BYD souhaite profiter du marché européen en pleine crise. La société recherche « toute usine disponible en Europe » afin d’utiliser les capacités industrielles que certains constructeurs locaux ne peuvent plus exploiter. Elle est en discussion avec différents groupes, dont Stellantis, mais pas uniquement.
Contexte de surcapacité en Europe
Le secteur automobile en Europe traverse une période difficile. La transition vers les véhicules électriques et le ralentissement de la demande ont conduit à une surcapacité importante. Plusieurs usines tournent à moins de leur plein potentiel, ce qui représente un coût élevé pour les constructeurs. Certains envisagent même de céder des outils de production à des partenaires chinois, une solution encore peu courante jusqu’à présent.
Les discussions autour de Stellantis
Stellantis est particulièrement concerné. Selon Bloomberg, le groupe pourrait vendre à Dongfeng, un autre partenaire chinois, plusieurs de ses sites en Europe : l’usine Citroën de La Janais près de Rennes, une usine en Italie à Cassino, ainsi qu’un site en Allemagne. La visite récente d’une délégation de Dongfeng à l’usine bretonne a été confirmée par un syndicaliste.
Le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, a également évoqué la possibilité d’autres partenariats. Le groupe a déjà conclu un accord avec Leapmotor, qui prévoit la production de véhicules électriques dans deux usines en Espagne. Le site de Madrid pourrait également être cédé à une coentreprise.
Une approche différente chez BYD
Contrairement à Stellantis, BYD privilégie une exploitation directe des usines. Stella Li explique que cette méthode est « plus simple » et permet au groupe chinois de garder la main sur ses opérations en Europe, sans passer par des structures de gouvernance partagée.
Focus sur l’Italie, la France et Maserati
BYD a visité de nombreuses usines en Europe. La vice-présidente a mentionné l’Italie comme un pays sur une « liste restreinte » d’options, avec notamment l’usine de Cassino. La France est aussi évoquée, en raison de son faible coût d’électricité, un avantage important pour la production de véhicules électriques très énergivores.
Une surprise dans ce contexte : BYD s’intéresse aussi à des marques européennes en difficulté, notamment Maserati, une marque du groupe Stellantis. Stella Li a indiqué que cette piste était « très intéressante », sans pour autant prendre de décision immédiate. La possibilité qu’un constructeur chinois prenne le contrôle d’une marque italienne de prestige marque un tournant dans la compétition entre l’industrie automobile européenne et ses nouveaux concurrents asiatiques.
