500 permis suspendus pour usage du téléphone au volant découvrez où ça se passe
Perdre son permis pour avoir simplement regardé son téléphone en conduisant n’est plus une menace théorique pour de nombreux automobilistes. Selon la radio RMC, plus de 500 permis ont déjà été suspendus dans les départements qui ont adopté la nouvelle mesure de suspension pour usage du téléphone au volant. Ce lundi 15 juin 2026, les Deux-Sèvres deviennent le 8e territoire à mettre en place cette procédure.
Ce dispositif repose sur une décision administrative du préfet, prise suite à une interception pour « téléphone tenu en main ». La Sécurité routière souligne que le téléphone portable est impliqué dans près d’une accident sur dix. Sur le terrain, notamment près de Niort, les gendarmes ont constaté que de nombreux conducteurs continuent de pianoter en roulant. Lors d’un contrôle d’une heure, six personnes ont été arrêtées pour usage du téléphone. Jusqu’ici, les forces de l’ordre privilégiaient la pédagogie, mais la tendance change avec la mise en place de sanctions.
Ce qui change dans les Deux-Sèvres
Aux abords de Niort, la Gendarmerie a déjà expérimenté la nouvelle procédure lors d’un contrôle. Jusqu’à présent, les agents rappelaient la règle et expliquaient la possibilité de suspension du permis, puis laissaient repartir les conducteurs. À partir du 15 juin, ces contrôles pourront conduire à une rétention immédiate du permis, qui sera ensuite transmise à la Préfecture des Deux-Sèvres pour décider de la suspension.
Tony Chesnier-Lloyd, directeur de cabinet du préfet, explique qu’une période de 15 jours de prévention a été instaurée. Il reconnaît que la suspension d’un permis peut avoir des conséquences importantes, notamment pour ceux qui travaillent. Mais il insiste sur le fait que la route est un espace partagé où il est impératif de rester concentré et de ne pas être distrait par le téléphone.
Sanctions et départements concernés
Concrètement, l’infraction de tenue du téléphone en main est punie d’une amende de 135 euros et de la perte de trois points. La nouveauté réside dans la possibilité pour le préfet de prononcer une suspension administrative du permis. Par exemple, Claire, coach sportive dans les Landes, a été contrôlée alors qu’elle tenait son téléphone pour utiliser le GPS après la casse de son support. Elle a reçu un courrier lui annonçant une suspension de 15 jours.
La durée de suspension peut varier de 15 jours à six mois si d’autres infractions sont constatées en même temps. Jean-Yves Lamant, président de la Ligue contre la violence routière, précise qu’au 15 juin 2026, huit départements ont activé cette procédure :
- Landes
- Pas-de-Calais
- Lot-et-Garonne
- Charente-Maritime
- Ardèche
- Vaucluse
- Oise
- Deux-Sèvres
Pourquoi les préfets renforcent la lutte contre l’usage du téléphone au volant
Le principal argument derrière ce durcissement est le risque accru d’accidents lié à l’utilisation du smartphone. Jean-Yves Lamant explique que téléphoner en conduisant double le temps de réaction, augmente la distance d’arrêt, réduit le champ de vision de 35 % et diminue l’attention de 30 %, même avec un kit mains libres. Selon lui, dans les départements comme les Landes et la Charente-Maritime, la mise en place de ces mesures a permis de réduire les infractions de 10 à 25 %.
Pour Claire, la suspension temporaire de son permis a été un choc. Elle raconte s’être effondrée à l’annonce, mais aujourd’hui, elle en rigole. Elle a dû réorganiser ses déplacements en vélo, à pied ou en visioconférence. Bien qu’elle ait retrouvé le volant, elle admet rester très attachée à son téléphone, alors que le dispositif de suspension continue de s’étendre dans d’autres départements.
