Ferrari et Rolls-Royce révolutionnent le marché des voitures électriques de luxe
Le marché des voitures électriques de luxe est en pleine évolution en 2026. Entre des modèles hyper exclusifs à plusieurs millions d’euros et des véhicules plus accessibles, le haut de gamme continue de se redessiner.
Les voitures électriques les plus chères du monde
En mai et juin 2026, deux annonces majeures ont marqué le secteur. À Rome, Ferrari a présenté la Luce, sa première voiture électrique 100 % batterie, affichée à 550 000 euros. Quinz jours plus tard, à Goodwood, Rolls-Royce dévoilait une version revue de sa Spectre Series II, son coupé zéro émission, pour une clientèle prête à dépenser plus de 300 000 euros.
Par ailleurs, certains modèles d’hypercars électriques restent extrêmement coûteux, dépassant souvent plusieurs millions d’euros. La production de ces véhicules reste limitée, mais ils illustrent la montée du luxe électrique. Les chiffres et stratégies de ces constructeurs dessinent un marché réservé à une clientèle très exclusive.
Les hypercars électriques, des pièces de collection
Les hypercars électriques figurent en tête de ce marché très fermé. Parmi elles, l’Automobili Pininfarina B95, dérivée de la Battista, est estimée à environ 4,8 millions de dollars (environ 4,4 millions d’euros) pour seulement dix exemplaires. L’objectif principal n’est plus la vitesse pure, mais la rareté et l’exclusivité.
- Automobili Pininfarina B95 : environ 4,8 millions de dollars (près de 4,4 millions d’euros), 10 exemplaires.
- Aspark Owl : autour de 2,9 millions d’euros, 1 985 chevaux, 0 à 100 km/h en 1,72 seconde, vitesse maximale annoncée à 415 km/h.
- Rimac Nevera : environ 3,1 millions de dollars (près de 2,9 millions d’euros), 1 888 chevaux, record d’accélération avec le Nürburgring en 7 minutes et 5 secondes.
- Lotus Evija : autour de 3,1 millions de dollars, 2 000 chevaux, 0 à 100 km/h en moins de 3 secondes.
- Nio EP9 : environ 3,5 millions de dollars (plus de 3,2 millions d’euros), 1 000 kW, 0 à 100 km/h en 2,7 secondes.
- Automobili Pininfarina Battista : environ 2,5 millions d’euros, 1 874 chevaux, 0 à 100 km/h en 1,86 seconde.
Ces modèles très coûteux restent inaccessibles pour la majorité. La Deus Vayanne, par exemple, est estimée à environ 2 millions de dollars (environ 1,8 million d’euros) pour 2 243 chevaux. La Hispano Suiza Carmen Boulogne se situe autour de 1,65 million d’euros, avec 1 114 chevaux. La Drako GTE, berline à quatre moteurs, dépasse le million d’euros, avec 1 200 chevaux et une vitesse de pointe de 332 km/h. Ces chiffres montrent à quel point l’électrique de luxe peut atteindre des sommets.
Une gamme de luxe comprise entre 200 000 et 600 000 euros
Dans cette fourchette de prix, plusieurs modèles incarnent l’ultra-luxe. La Ferrari Luce, dévoilée à Rome, incarne l’entrée dans l’électrique de la marque. Elle propose 1 113 chevaux en mode boost, une vitesse maximale de plus de 310 km/h, et une autonomie de 531 km selon le cycle WLTP. Son prix de départ est fixé à 550 000 euros. La voiture pèse 2 260 kg, ce qui en fait la Ferrari de série la plus lourde, et la première à offrir cinq places dans une carrosserie conçue en partie par Jony Ive.
De son côté, Rolls-Royce a présenté la Spectre Series II, une version améliorée de son coupé électrique. Son autonomie atteint désormais 628 km, avec une puissance de 659 chevaux (670 en version Black Badge). La recharge rapide permet de récupérer 80 % en moins de trente minutes. Son prix d’entrée en Europe tourne autour de 355 000 euros, mais il peut rapidement augmenter avec les options. La Lucid Air Sapphire, une autre référence, propose 1 251 chevaux, un 0 à 100 km/h en 2 secondes, et une autonomie de 694 km, pour un prix d’environ 250 000 euros.
Sur le segment plus accessible, la Porsche Taycan Turbo GT, à partir de 248 000 euros, affiche 1 108 chevaux et détient un record sur le Nürburgring avec un temps de 6 minutes et 55 secondes. La Lotus Emeya R, à 155 000 euros, propose 918 chevaux, une accélération de moins de 2,8 secondes, et une autonomie de 610 km. La version Emeya 600 GT est également disponible pour 111 995 euros, offrant 612 chevaux.
Les stratégies contrastées des grands noms du luxe
Alors que la croissance globale du marché automobile électrique ralentit, certaines marques de luxe adoptent des stratégies différentes. Jaguar, par exemple, a présenté en 2024 un concept de voiture électrique haut de gamme, avec un modèle attendu en 2027, visant plus de 1 000 chevaux et une autonomie de 770 km, pour environ 120 000 euros. La marque veut concurrencer Bentley et Rolls-Royce dans le secteur du super-luxe électrique.
De son côté, Bentley prépare un SUV 100 % électrique, avec des prototypes déjà testés. La marque maintient aussi ses motorisations hybrides, prévues jusqu’en 2035, pour satisfaire une clientèle encore attachée au thermique.
Quant à Lamborghini, la marque a décidé d’abandonner son projet de premier modèle électrique, le Lanzador, en février 2026. Selon le CEO, l’intérêt des clients pour une Lamborghini électrique est quasi inexistant. La marque mise désormais sur l’hybride rechargeable pour ses futurs modèles, attendus vers 2030, en estimant que ses clients recherchent avant tout le bruit, la brutalité et l’excès, caractéristiques de la marque. La place d’un modèle Lamborghini dans le classement des voitures électriques ultra-luxe reste donc incertaine.
